Grand témoin : Jacques-Olivier Martin Rédacteur en chef du Figaro Économie

Paris, France, 7 avril 2015

Dans le cadre de son livre blanc sur la communication d'entreprise, Wiztopic donne la parole à Jacques-Olivier Martin Rédacteur en chef du Figaro Économie.

« J’attends de la rapidité et de l’immédiateté. Et éventuellement de l’originalité ». 

La communication des entreprises évolue-t-elle vraiment?

Ces quinze dernières années, depuis qu’Internet a commencé à se banaliser, la façon dont les entreprises communiquent avec les journalistes n’a pas considérablement évolué. Avant, on recevait des centaines de communiqués de presse papier. Aujourd’hui, on en reçoit des milliers – assez semblables - par mail...

 

En ce qui me concerne, les ressorts d’une communication efficace sont toujours les mêmes : seul le message, anglé, qui peut susciter mon intérêt de journaliste, a des chances d’être efficace. Et là aussi, je n’ai pas vu d’évolution majeure. On reproche souvent aux journalistes de ne pas bien connaître la vie en entreprise. Mais je pense que beaucoup de gens dans les directions de la communication ne connaissent pas les dix choses à savoir sur la façon dont travaillent les journalistes !

 

Il reste un point d’ancrage majeur : rien ne remplace un contact direct entre une entreprise et le journaliste, même si c’est évidemment très lié à la qualité des interlocuteurs. Il faut toujours quelqu’un capable de « vendre » un sujet pour m’intéresser : c’est comme ça que cela fonctionne et pas autrement. Et proposer un angle est d’autant plus crucial que les journalistes sont confrontés à l’urgence. Autrefois, ils avaient une journée pour réfléchir. Aujourd’hui, ils n’ont plus qu’une heure, voire quelques minutes...

 

Une des évolutions marquantes est que de plus en plus d’entreprises utilisent des canaux de diffusion que les journalistes connaissent et apprécient, surtout Twitter. C’est vraiment devenu la chaîne sur laquelle les entreprises doivent être présentes car les journalistes la suivent, s’y approvisionnent. Les réseaux sociaux permettent de mesurer le buzz d’une info, mais aussi de voir si un sujet peut rencontrer son public final.

 

Aujourd’hui, qu’attendez-vous en priorité des entreprises ?

Je raisonne uniquement par rapport à nos contraintes : j’attends de la rapidité et de l’immédiateté. Et éventuellement de l’originalité.

 

Dans ce contexte, j’aurais essentiellement besoin de deux choses : d’abord une communication un peu « interpellative », quelque soit le support ou sa forme, qui m’aide lorsque je suis noyé dans des centaines de stimulus. J’ai besoin de me dire : « Tiens, il y a peut-être un début de sujet là-dessous ».

 

Deuxième élément : je veux pouvoir très vite d’entrer en contact avec les gens susceptibles d’enrichir l’information, apporter une expertise ou une vision de marché. Bref, tout ce qui peut faciliter mon travail, parce qu’encore une fois, je suis dans l’urgence. Après, je prends ou je ne prends pas…

 

Quelle est l’offre ou le service dont vous rêvez et qui n’existe pas encore?

Il me faut de bons push, des alertes bien faites, qui arrêtent mon attention un quart de seconde. Je fais particulièrement attention au push sur mon mobile. C’est logique : je reçois environ 400 mails professionnels par jour que j’efface dans leur quasi totalité sans les ouvrir car l’objet n’est pas suffisamment bien pensé pour arrêter mon attention.

Pour le reste, pas la peine de me donner accès à d’immenses bases de données, je n’irai pas fouiller dedans. Et quand je vois que des sites corporate réclament encore un login pour accéder à leur photothèque… J’ai besoin d’informations simples, par exemple trouver la capitalisation en temps réel d’une société sans devoir aller la chercher sur Yahoo.com. Peu m’importe les chiffres clés 2012 d’une entreprise : je veux les chiffres actuels les plus pertinents ! 

Je souhaite digitaliser ma communication

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