Paroles d’experte : Sabine Baudin-Delmotte, directeur des Relations presse et e-réputation du Groupe BPCE.

Paris, France, 7 avril 2015

Dans le cadre de son livre blanc sur la communication d'entreprise, Wiztopic donne la parole à  Sabine Baudin-Delmotte, directeur des Relations presse et e-réputation du Groupe BPCE. « Faire du sur-mesure quand on le peut »

L’évolution des équipes de communication vous semble-t-elle en phase avec l’époque? 

Il y a une vingtaine d’années, lorsque j’ai commencé à travailler en entreprise, les communiqués de presse étaient envoyés par fax, on se connectait au minitel pour avoir des infos (internet existait mais l’offre était pauvre), le téléphone portable n’était pas encore généralisé. Depuis, les outils de communication ne cessent d’évoluer, mettant notre métier au défi de s’adapter constamment. Je pense que nous sommes en phase avec l’époque : nous y sommes bien obligés d’ailleurs, car autrement, nous ne pourrions pas atteindre nos cibles.

 

Mais l’enjeu reste – indépendamment des outils-, de s’adapter à des populations dont les modalités de travail sont différentes, qui n’ont pas les mêmes contraintes ni les mêmes attentes. Les bloggeurs, à titre d’exemple, lorsqu’ils ne sont pas journalistes, tiennent leur blog en plus de leurs activités professionnelles, en dehors des horaires de « bureau »… ils abordent les sujets de façon parfois moins filtrée, car ils n’ont pas la contrainte de la validation par la conférence de rédaction ou du papier de 1500 signes maximum.

 

En fait, l’adaptation passe par du sur-mesure, quand on le peut : nous avons besoin de savoir, pour chacun de nos interlocuteurs, les thèmes qui les intéressent, l’angle qu’ils souhaitent donner, la façon dont ils veulent travailler avec nous (par exemple, comment les joindre de façon efficace, lorsque notre « offre » correspond à leur « demande » : SMS, twitter, sans négliger, dans notre monde de réseaux sociaux ou de messagerie, le téléphone … fixe !). Reste que rien ne remplace la vraie vie, l’IRL : il faut rencontrer et échanger, mettre des visages sur les noms, comprendre les enjeux d’information des journalistes, partager les pratiques. Nous ne sommes pas là uniquement pour vendre nos produits et services ou à la recherche de la citation à tout prix : la pédagogie autour de nos métiers et de nos activités, la conjoncture, l’économie, la réglementation… sont des éléments de contexte primordiaux.

 

Quel est votre enjeu majeur aujourd’hui ?

Je dirai que c’est une question d’organisation. Depuis dix ans l’information est toujours plus virale mais aussi plus éphémère, nous sommes sans cesse dans l’analyse de la réaction - ou de la non-réaction - et il n’y pas de répit : mon premier réflexe le matin est de regarder Twitter, les journées ne s’arrêtent plus à 18h, lors du bouclage des journaux.

 

Nous devons donc adapter nos organisations à ces nouveaux rythmes. Il n’est pas toujours utile de mettre en place une structure lourde, mais en revanche, il faut que tout le monde, en son sein, soit capable de comprendre et de tirer parti des nouveaux outils qui, heureusement, sont généralement intuitifs et faciles à appréhender. D’où l’importance de mixer des profils différents dans les équipes, des jeunes et des moins jeunes, des profils classiques et des « geeks », des formations de communicants et des profils généralistes. J’ai la chance d’avoir une équipe dont les membres viennent d’horizons différents, et ont donc des expériences et des sensibilités différentes. Ils travaillent généralement en binôme : cela crée émulation et complémentarité.

 

Et quel est votre prochain grand défi ?

Le principal changement sur lequel nous travaillons aujourd’hui est l’interaction. Il faut absolument développer la discussion - publique - entre nos dirigeants et les start-uppers, les patrons d’entreprises, le commerçant et l’étudiant ... Nous apprenons de tous, dans tous les domaines : la proximité est au cœur de notre métier de banquier mais la clé, pour mieux faire comprendre nos métiers, est le partage.

 

Les réseaux sociaux permettent, en particulier, de repousser les barrières et développer les contacts directs, car il est important que nos clients comprennent au travers d’exemples concrets et de témoignages, à quoi sert notre métier. Ces nouveaux modes de communication permettent également une entrée en relation plus rapide. Ce que nous mettons en place, au niveau commercial, avec nos dispositifs digitaux permettant de proposer à nos clients le meilleur du monde digital et du monde physique, nous devons le répercuter dans nos modes de communication.

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