Nouveaux formats : quelle influence sur les pratiques des médias ?

Paris, France, 29 mars 2019

L'arrivée des "nouveaux médias" et l'évolution des médias traditionnels ont entraîné de nouveaux modes de fonctionnement : impératifs d'immédiateté, de transparence, de réactivité, besoin permanent d'images… Les communicants ont-ils bien pris la mesure des profonds changements qui ont affecté les médias, des nouvelles formes de diffusion de l'information ? Doivent-ils réinventer leurs stratégies de relation presse ? Et de leur côté, qu'attendent les journalistes des communicants ?

Mercredi 20 mars 2019, se tenait un Cercle Dircom organisé par le Social Media Club en partenariat avec Entreprises & Médias et avec le soutien de Wiztopic. Les invités : Roger Coste, Cofondateur de Brut, Armelle Le Goff, Directrice de la rédaction de 20 Minutes, Céline Pigalle, Directrice de la rédaction de BFM TV, et Nicolas Pellet, cofondateur et directeur de MAD (FIGARO).

Quelle est l’influence des nouveaux formats sur votre travail ? Certains médias n’ont plus de sites…

« Même si nous avons un vrai succès sur la télévision, nous faisons très attention aux nouveaux médias, et si nous devons nous adresser à toutes les couches de la population, nous devons parler aux jeunes, donc être à peu près partout, sur toutes les plateformes » déclare Céline Pigalle. Un constat que partage et que précise Armelle Le Goff pour qui : « l’idée, c’est être là ou est notre lectorat. À l’entrée du métro, à la sortie du métro, en ligne. On leur offre un média adapté ». Du côté de chez MAD, propriété du Figaro, le social est natif : « On adapte nos prises de parole à nos différents réseaux. D’ailleurs les gens quand ils parlent de nous nous appellent MAD Officiel, qui est le nom de notre compte Instagram », s’amuse Nicolas Pellet.

« Il faut bien orchestrer sa prise de parole d’un réseau à l’autre, bien penser son format et être en veille constante car les usages bougent aussi vite que les plateformes », rappelle-t-il.

Quant à Brut, ils multiplient les formats et les plateformes. « Nous nous sommes lancés sur les réseaux sociaux pour des questions de coût, mais nous sommes aussi présents sur France Télévision, chez France Info, sur Instagram, sur Snapchat, avec des équipes dédiées », précise Roger Coste. Mais le Cofondateur de Brut veut défendre sa cible : « Penser que les jeunes adultes sont moins informés, moins ouverts sur le monde, c’est une erreur monumentale. La grande surprise de Brut, c’est que les millenials (25 % de la population active mondiale) ont les mêmes centres d'intérêt à Delhi, NY, Los Angeles, Paris ou Londres : la démocratie, l’environnement… ». Comme il l’avait précisé auparavant, le développement actuel de Brut se fait à l’international et les succès sont là.

« En Inde on est devenus le premier média d’information devant Time of India. Quand on publie un contenu indien mais traduit en français, on a presque autant de vues en France qu’une vidéo sur les gilets jaunes », précise-t-il.

Les médias sociaux sont-ils une révolution dans votre travail ? Et dans votre relation avec les annonceurs ?

« Twitter a changé beaucoup de choses pour les journalistes : les politiques sont désormais à portée de clic », rappelle Armelle Le Goff. 20 Minutes est un média généraliste et la directrice de la rédaction assume : « Nous ne sommes pas là pour raconter la vie de chaque individu, mais pour raconter la vie collective ». En ce qui concerne la relation avec les communicants, Céline Pigalle est claire : « Le communicant est "engagé pour sa marque" et le journaliste est "engagé pour créer un dialogue et circuler la parole", alors forcément, parfois, cela peut provoquer des frottements. » Mais la directrice de la rédaction de la chaîne info connaît la communication : « je connais le métier car je suis souvent aussi une communicante pour BFMTV ». Pour elle,

« on a intérêt à observer, à se comprendre, à se nourrir les uns les autres ».

Un conseil à donner aux Dircom pour être plus efficace dans la relation aux médias ?

Pour Céline Pigalle, il faut avoir « un mapping précis des médias et soigner la relation interpersonnelle ». Quant à Nicolas Pellet, il reste fidèle au modèle de MAD : il faut selon lui « essayer la co-création de contenu: je pousse les acteurs différents à venir essayer les nouveaux formats ».

"Le rôle du Directeur de la communication est devenu absolument gigantesque" précise Roger Coste "et très challengé car il est impossible de maîtriser ce qu'il se passe par des réseaux non controlés". Nous sommes au coeur de quelque chose bien plus gigantesque que ce qu'on imagine, et c'est assez effrayant". 

Je souhaite digitaliser ma communication

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