Prolifération des Fake news : qui sont les auteurs ? Pourquoi les médias sont-ils dupés ? Quel est l’impact sur les entreprises ?

Paris, France, 15 juillet 2020

Avec les réseaux sociaux, les fake news pullulent et la course aux news rend plus complexe la vérification des informations. Dernière affaire en date le 29 juin 2020 : AP7, le principal fonds d’investissement suédois fait aussi l’objet d’un hoax. Une dépêche est envoyée et reprise. Les médias ont été une nouvelle fois dupés par des hackers… Qui sont les auteurs des fake news ? Quels sont leurs objectifs ? Pourquoi les médias sont-ils dupés ? Questions à Jérôme Lacombe, CEO de Wiztopic.

Qui sont les auteurs des fake news ? Quels sont leurs objectifs ?

Dans le cadre du corporate news hacking, les auteurs sont souvent des activistes qui souhaitent déstabiliser une entreprise, la tourner en dérision, attirer l’attention du public sur ses pratiques jugées néfastes, influencer son management, appeler au boycott de ses produits… Ces pratiques sont souvent qualifiées de hoax, ou canular malveillant (« prank »), parfois de « satirisme de guerrilla ». Les visées sont diverses, souvent écologiques et anti-libérales. On se souvient de l’affaire BlackRock en 2019 où une fausse lettre du CEO est diffusée via un faux e-mail et un faux mini-site similaires aux canaux officiels. Le plus important gestionnaire d’actifs du monde est victime d’un hoax. Ce dernier annonçait un virage de l’entreprise vers un engagement pour le climat sans précédent. Plusieurs médias de référence sont dupés notamment le Financial Times et CNBC News. 

Le 29 juin 2020, c’est au tour de l’AP7 de faire l’objet de fausse information. Un faux communiqué est envoyé annonçant que le principal fonds d’investissement cesse d’investir dans les énergies fossiles. Une information confirmée sur le site Internet de l’organisme, tout aussi faux que le communiqué. A l’origine de tout cela, une opération de communication d’Extinction Rebellion pour mettre en lumière les investissements du fonds de pension et l’orienter vers des pratiques plus responsables.

L’appât du gain est un autre moteur de ces hacks. Lorsque les attaques ne portent pas un message revendicateur, politique ou social, leurs auteurs cherchent souvent à diffuser une fausse information dans le but d’influencer les marchés financiers, après avoir pris des positions pour profiter des mouvements provoqués par la fausse information. Ces opérations sont dirigées vers les sociétés cotées avec des stratégies différentes en fonction de la taille des cibles. Du classique pump & dump sur de très petites capitalisations, les hackers vont parfois jusqu’à utiliser des produits dérivés comme dans le cas du hacking de la communication de Vinci.

Pourquoi les médias sont-ils dupés ?

Le temps de l’information est en pleine accélération et les médias économiques et financiers, notamment les agences d’information financière, ont souvent peu de temps pour vérifier l’authenticité d’une annonce. Les robots producteurs de contenus excluent toute vérification « humaine » de l’information avant sa diffusion. Dans un contexte où la crédibilité des journalistes est parfois contestée, le haut niveau de technicité des hacks avec plusieurs faux communiqués, des sites imités à la quasi-perfection ainsi que des emails ressemblant de près à des contenus sécurisés, laisse les médias dans une situation critique où la vérification devient un travail complexe et chronophage.

L’information corporate est aujourd’hui diffusée par des canaux multiples, via un communiqué de presse reçu par email, parfois un tweet, qui mènera lui-même à un communiqué de presse ou la newsroom du site de l’entreprise émettrice. La synchronisation de la diffusion laisse parfois à désirer lorsque les équipes communication sont organisées par canaux (relations presse, social, digital, communication interne). Nos experts constatent que la mécanique de news hacking s’est développée ces dernières années et combine en règle générale, tous ces canaux.

Quand une information paraît importante, elle doit être traitée au plus vite. Pour un média, avoir la primeur de la publication est un enjeu économique et de réputation. C’est sur ce temps court que comptent les fraudeurs ou les activistes, lorsqu’ils envoient à la presse de fausses informations, en reprenant le graphisme des documents originaux, l’identité des émetteurs habituels, des adresses e-mail et des noms de domaine très approchants et suffisamment trompeurs.

Des attaques à faible coût qui ont de lourdes répercussions financières pour les entreprises 

Le cas de Vinci est l’un des plus révélateurs : le 22 novembre 2016, suite à la publication d’un faux communiqué annonçant des irrégularités dans ses comptes et le licenciement de son directeur financier, l’action du groupe dévisse. En 7 minutes, la capitalisation du groupe chute de 7 milliards d’euros, avant que sa cotation soit suspendue. Même après les démentis, l’action de Vinci perd tout de même près de 4% en clôture, après une journée pourtant positive pour le CAC 40.

La chute de la valeur de l’un des leaders mondiaux de la construction contraste avec les coûts minimes nécessaires pour orchestrer la fausse information et la rendre crédible : envoyer un faux email est gratuit, construire le site miroir vinci.group est l’affaire de quelques heures, il a été hébergé aux Pays-Bas pour 22,50€, une fausse ligne téléphonique peut être mise en place grâce à une carte prépayée pour 5€. En arrondissant le coût probable de l’attaque à 30€, chaque euro dépensé a eu un impact immédiat de plus de 233 millions d’euros pour Vinci.

Une étude de l’Université de Baltimore de 2019 évalue à 78 milliards de dollars le coût global des dommages provoqués par les fake news dans le monde.

Wiztopic est l’éditeur de la plateforme logicielle des équipes communication du secteur de la finance et des sociétés cotées. Wiztopic a développé Wiztrust en partant sur les analyses des impacts du corporate news hacking sur les sociétés du CAC 40. Wiztrust est aujourd’hui la première plateforme de certification et de vérification de l’information des entreprises. Wiztrust s’appuie sur la blockchain pour permettre aux entreprises de certifier les informations qu’elles diffusent et à leurs destinataires, journalistes, analystes et investisseurs, d’en vérifier l’authenticité.

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